Gagner sa liberté…..Lula : « C’est tout simplement l’idée de la liberté qui l’a emporté »


On ne peut pas parler de logiciels libres au sein des gouvernements sans parler du modèle brésilien et de son président Lula qui a encouragé farouchement depuis quelques années déjà la migration du gouvernement et des instances brésiliennes du logiciel propriétaire au logiciel libre. Ce qu’a fait Lula est vraiment très rare. On ne voit pas d’autres présidents qui se sont impliqués aussi directement pour favoriser l’usage du libre. Cette migration n’est pas évidente à réaliser et à réussir non plus. Cependant, si la volonté est là, si tout le monde est bien impliqué, si on met en place les ressources nécessaires pour réussir la migration, on ne peut qu’être satisfait du résultat à long termes. En effet, voici le discours de Lula qu’il a prononcé en 2009 en inaugurant le Forum international du logiciel libre tenu à Porto Alegre et qui résume mes propos.

« Maintenant que le plat est servi, il est très facile pour nous de manger. Mais préparer ce plat n’a pas été un jeu d’enfant […] Car nous devions choisir : ou nous allions dans la cuisine préparer le plat que nous voulions manger, avec l’assaisonnement que nous voulions y mettre, et donner un goût brésilien à la nourriture, ou nous mangerions ce que Microsoft voulait vendre aux gens. Et, c’est tout simplement l’idée de la liberté qui l’a emporté. »[1]

Cette migration brésilienne vers le libre a suivi des étapes afin d’encourager et d’impliquer tout un pays, du gouvernement et ses représentants à monsieur et madame tout le monde. Je cite ici par exemple, le projet du « PC Conectado » lancé par le gouvernement brésilien en 2003 et qui offre des subventions pour l’achat de ce PC qui exclut tout logiciel propriétaire[2]. Ce qui a permis à la population d’essayer ce type de logiciels, de bien les connaitre et de les adopter ensuite. Cet exemple montre bien que la tâche n’est pas facile mais si elle est bien étudiée et bien préparée, les résultats ne pourront être que bénéfiques. Depuis la réussite du modèle libre brésilien, plusieurs autres pays ont suivi le pas surtout en Amérique Latine où les gouvernements encouragent fortement l’utilisation du libre. Aujourd’hui, on compte plusieurs pays qui se dirigent dans ce sens : Le Venezuela, Lé Pérou, l’Argentine, Le Mexique, La Colombie…et la liste va certainement s’élargir encore plus.

Qui seront les prochains présidents ou premiers ministres à suivre le pas ? En espérant qu’ils soient nombreux.

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour Gagner sa liberté…..Lula : « C’est tout simplement l’idée de la liberté qui l’a emporté »

  1. Pierre-Olivier H.Mercier dit :

    Une question sociologique me viens. À force de lire sur le logiciel libre et un bout de ton texte va dans le même sens:

    « Depuis la réussite du modèle libre brésilien, plusieurs autres pays ont suivi le pas surtout en Amérique Latine où les gouvernements encouragent fortement l’utilisation du libre. Aujourd’hui, on compte plusieurs pays qui se dirigent dans ce sens : Le Venezuela, Lé Pérou, l’Argentine, Le Mexique, La Colombie…et la liste va certainement s’élargir encore plus. »

    J’aimerais savoir pourquoi les communautés hispanophones sont si orientées vers le libre par rapport aux autres communautés? Est-ce culturel pour ses peuples d’être libre dans tous les sens du terme ou est-ce parce qu’ils sont malheureusement moins fortunés que les pays d’Europe de l’ouest, le Canada et les USA?

    • Graciano dit :

      Personnellement, je peux te dire que c’est plus en fonction de comment est-ce que le dirigeant du pays veut le voir au futur?

      Aussi à cause des coûts pour travailler avec des logiciels propriétaires.

      Par exemple, je participé dans un projet tellement important au Mexique appelé « Urna Electronica », ça sert à la construction et développement de postes pour la cueillette des votes dans les élections, dans ce cas-la, un des éléments le plus cher, était le système d’exploitation, et avec Linux ce coût était $0.

      Pour la cueillette de votes selon la loi mexicaine il doit avoir un poste pour chaque 750 possibles électeurs (bien sûr qu’il y a plus de facteurs pour telle définition).

      En 2006, la quantité d’electeurs pour seulement le District Federal, était aproximadement 8 millions

      Le calcul était d’environ 12 000 postes plus un 15 % de surplus (en cas de contingence), ainsi, payer 200 dollars par 13 800 postes, le calcul final était d’environ 2 760 000 $, seulement pour le système d’exploitation !

      Plus tous les coûts futurs, parce qu’il faut penser que si par exemple en 2014, la version XP, ne sera pas plus supporte, donc, il faut acheter de nouvelles licences !.

      Se raisonnement aide à imaginer pourquoi dans certaines projets, il vaut la peine de penser en autres options

    • marouanejlaiel dit :

      Bonjour Pierre-Olivier et merci d’avoir soulevé ce point. Bon je ne suis pas hispanique 🙂 mais je vais essayer de te donner mon point de vue là dessus.

      Personnellement, je crois que c’est culturel, financier et je rajouterai aussi logique.

      Culturel, dans le sens où c’est déjà annoncé dans le discours de Lula quand il parle de liberté et que dans plusieurs pays on n’aime pas qu’on leur dicte comment ça doit marcher, ils préfèrent décider d’eux mêmes et dans ce cas choisir le fournisseur qui leur convient le plus.

      Financier, dans le fait que ça coûte moins cher bien sûr et sachant que ces pays (ainsi que des pays africains qui commencent à s’intéresser au libre) ne sont pas parmi les plus riches du monde et donc s’ils ont l’occasion d’économiser de l’argent ils le font.

      Logique et de bon sens puisque l’usage des logiciels libres a réussi au Brésil et que les pays voisins se ressemblent sur plusieurs éléments avec le Brésil, il est normal qu’ils essaient de procéder selon la même recette et profiter des avantages que les logiciels libres peuvent procurer.

  2. Jonathan Lessard dit :

    Je pense que cet exemple démontre bien l’importance et l’impact d’un leadership fort en matière de TI. J’aimerais bien voir nos politiciens d’ici prendre ce genre de position CLAIRE et s’y tenir… C’est peut-être moi qui est idéaliste, mais je suis persuadé que les ministères suivraient d’une façon ou d’une autre.

  3. davidlafleur dit :

    Tout d’abord, j’aime beaucoup la comparaison des logiciels libres avec la préparation de nourriture, je la réutiliserai à souhait.
    Je suis content que le Brésil ait servi d’exemple pour d’autres pays à proximité. Leur contexte similaire ont permis à ces pays de se rendre compte que si le Brésil a été pionner dans l’adoption de telles technologies et en a tiré de si grands bénéfices, ils en étaient également capables. Ceci leur permet également de développer leurs propres ressources et non seulement enrichir les ressources des autres.
    Votre article montre un facteur important d’adoption des logiciels libres. Ils demandent un effort initial beaucoup plus grand pour en tirer des bénéfices. Je suis d’autant plus content que plusieurs autres pays avec des ressources plus limités aient été capable d’adopter un tel modèle démontrant qu’il est accessible à une grande majorité de pays.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s